Par Yanouk Poirier, associé-directeur, Montréal
Vous jouez un rôle clé dans l’organisation des événements Disrupt RH au Québec, en partenariat avec Humanis. Comment expliquez-vous l’alignement naturel entre TWINN et Humanis, autant sur le plan des valeurs que sur l’impact souhaité dans la communauté RH?
Organiser un événement comme DisruptHR à Montréal et à Québec, ce n’est vraiment pas une mince affaire. On parle de coordonner plus de 200 participants et une douzaine de conférencières et conférenciers. C’est un projet d’envergure qui exige une équipe non seulement bien structurée, mais parfaitement synchronisée.
C’est précisément là que l’alignement naturel entre TWINN et Humanis se révèle. Bien sûr, il y a tout l’aspect logistique : la planification, la coordination, le leadership partagé. Nos deux équipes travaillent ensemble avec une fluidité qui permet à l’événement de se dérouler comme une véritable machine bien huilée.
Mais au-delà de l’organisation, l’affinité entre Humanis et TWINN est beaucoup plus profonde. Humanis est un acteur incontournable du recrutement, souvent la première porte d’entrée dans l’univers RH pour bon nombre d’entreprises. Leur travail consiste à repenser la manière dont les organisations attirent les meilleurs talents, un défi majeur en soi. Et une fois que ces entreprises réfléchissent à la façon de se démarquer, d’offrir une proposition de valeur plus forte, d’améliorer leurs avantages pour séduire les candidates et candidats, c’est exactement là que j’entre en jeu avec TWINN.
Chez TWINN, nous transformons l’univers des avantages sociaux afin d’aider les organisations non seulement à attirer, mais surtout à fidéliser et à valoriser leur monde. En ce sens, Humanis et TWINN sont parfaitement complémentaires : Humanis révolutionne le recrutement, et TWINN révolutionne les avantages qui soutiennent ce recrutement.
En travaillant ensemble, nous unissons deux forces réellement disruptives. Non seulement pour créer un événement marquant, mais surtout pour contribuer à transformer la manière dont les leaders RH du Québec envisagent l’attraction des talents et le bien-être de leurs équipes.
Vous accompagnez depuis des années des organisations dans l’optimisation de leurs régimes d’avantages sociaux. Concrètement, comment votre approche permet-elle de faire une vraie différence pour vos clients… et pour les employés qui en bénéficient?
L’industrie des avantages sociaux demeure, encore aujourd’hui, un secteur très traditionnel. Les véritables innovations se font rares depuis sa création. Comme je le dis souvent. »When innovation slows, consolidation grows”. On voit de grands investisseurs américains entrer au Canada, et ici même au Québec, pour absorber des firmes locales. Chez TWINN, j’ai voulu emprunter une autre voie.
Habituellement, les entreprises choisissent soit une approche de type consultation, soit une approche de courtage. Les consultants facturent à l’heure et offrent une analyse détaillée, un peu comme le ferait un cabinet juridique. Les courtiers, quant à eux, se limitent souvent à jouer les intermédiaires et à encaisser des commissions, ce qui ajoute des coûts sans nécessairement ajouter de la valeur.
J’ai donc fait le choix de créer un modèle hybride. Nous apportons l’expertise pointue des consultants, tout en négociant avec les assureurs pour que nos honoraires soient pris en charge, plutôt que d’être assumés par le client.
Ce qui compte surtout pour moi, c’est que j’ai constaté à quel point les entreprises et leurs employés se retrouvent rapidement perdus dans le jargon du domaine. Ma priorité est donc de vulgariser les concepts complexes afin que mes clients comprennent non seulement leurs protections santé et dentaires, mais aussi leurs régimes de retraite et les stratégies pour les optimiser. J’ai observé un manque important en matière d’éducation, tant pour les administrateurs de régimes que pour les employés, et nous misons sur la technologie pour combler cet écart.
C’est d’ailleurs pour cette raison que nous lancerons TWINN Links au deuxième trimestre de 2026. Il s’agit d’une application conçue pour simplifier entièrement l’accès aux services paramédicaux, comme la psychologie, la massothérapie, la chiropratique ou la physiothérapie. Les employés pourront réserver facilement, sans avoir à payer de leur poche, et utiliser l’intelligence artificielle pour trouver les services qui correspondent à leur budget et à leurs besoins, sans se perdre dans la complexité du monde de l’assurance.
Mon approche commence toujours par une compréhension profonde des besoins du client et de ses employés. Je propose ensuite des régimes adaptés, j’accompagne les employés pour qu’ils sachent comment en tirer pleinement avantage, puis j’aide les entreprises à intégrer ces régimes dans leur stratégie de rémunération et d’attraction. Enfin, je m’assure que l’équipe financière dispose d’une vision claire de l’impact de ces régimes sur les prévisions de l’organisation.
En somme, je cherche à créer une approche qui fait réellement une différence, autant pour les organisations que pour les personnes qui bénéficient de ces avantages au quotidien.
Vous partagez votre temps entre Toronto et Montréal, vous travaillez en français et en anglais… et vous avez même livré une présentation Disrupt RH en « franglais » ce printemps! Comment cette double culture influence-t-elle votre pratique et la façon dont vous conseillez les organisations?
L’une des choses dont je suis le plus fier, c’est d’être né au Québec, et plus particulièrement à Montréal. C’est un privilège de pouvoir m’exprimer couramment en français et en anglais dans une ville où changer de langue au milieu d’une phrase… is just part of the lifestyle. Le franglais, comme on l’appelle souvent, est presque la langue maternelle de Montréal, et c’est aussi la façon dont je pense naturellement. Cette double culture joue un rôle essentiel dans ma pratique. Elle me permet de travailler non seulement au Québec, mais partout au Canada, parce que je comprends les nuances linguistiques et culturelles propres à chaque contexte.
Cette expérience culturelle est particulièrement précieuse lorsque je présente des régimes d’avantages sociaux ou des programmes de retraite. J’ai constaté un défi récurrent dans notre industrie. Plusieurs consultants livrent des présentations très longues, remplies de jargon, qui font rapidement décrocher les employés. Mon objectif premier est de comprendre la culture de la ville, celle des employés et celle de l’organisation, afin d’offrir des présentations personnalisées qui captent réellement l’attention. Je veux que ces séances soient dynamiques, accessibles et qu’elles permettent aux participantes et participants de retenir au moins une partie significative de l’information. Dans un pays où la littératie financière n’est pas aussi élevée qu’elle devrait l’être, atteindre un taux de rétention d’environ 25 pour cent, pour moi, c’est un succès.
J’adapte toujours ma façon de présenter selon l’auditoire, comme je l’ai fait à DisruptRH 3.0 avec une présentation en franglais pour illustrer la réalité du milieu RH au Québec. La grande majorité des professionnelles et professionnels RH ici doivent être bilingues pour répondre aux besoins de l’ensemble de leurs employés, et je m’assure que mes interventions reflètent cette réalité. Par contre, j’ai appris que ce qui fonctionne en Ontario ou à Toronto doit souvent être ajusté pour une audience québécoise, qui réagit différemment selon le style d’engagement. Les lois fiscales varient également d’une province à l’autre, ce qui signifie que les régimes d’avantages que je conçois pour une équipe à Toronto peuvent différer énormément de ceux offerts aux employées et employés de Montréal.
Au fond, vivre pleinement dans deux cultures et deux langues n’est pas seulement un avantage personnel. C’est une véritable stratégie professionnelle. Cela me permet de transmettre l’information de manière pertinente, humaine et adaptée, afin d’aider chaque organisation et chaque employé, peu importe où ils se trouvent.


